Ottawa, t’es capable!

Ottawa pont

Chère Ottawa,

Ça fait longtemps que je veux te parler dans le cass! Voilà ma chance avec tout ce qui se dit dans les médias ces dernières semaines. On jase de toi Ottawa. On parle de toi surtout en français... On dit que tu devrais être bilingue une fois pour toutes, que tu hésites, que tu te demandes si tu devrais rester unilingue. Après tout, Ottawa, ça te coûterait moins cher en traduction. Et si les gens veulent parler français, ils n’ont qu’à traverser tes ponts qui surplombent ta belle river Ottawa…

Avoue-le, ta politique de bilinguisme n’est pas très séduisante. Tu as sûrement bonne conscience depuis son entrée en vigueur en 2001, mais ça va te prendre pas mal plus que ça pour faire de toi une vraie de vraie ville bilingue. Des groupes se forment maintenant pour faire monter ta pression. Ils veulent faire de toi une ville encore plus forte. N’aie pas peur, Ottawa, ces gens n’ont que des mots pour t’attaquer. Des mots comme : justice, fierté, solidarité et égalité. Tu hésites encore?

Des milliers de Franco-Ontariens ont fait de toi leur grande ville. Ils ont hissé des trilles et des lys géants dans ton ciel. Ils ont pris d’assaut tes universités et bourdonnent dans tous tes quartiers. Que tu le veuilles ou non, Ottawa, une fierté verte et blanche circule dans tes artères et son dynamisme ne peut être que bénéfique pour tes attraits touristiques. Le sais-tu que tu pourrais être encore plus belle en te laissant officiellement décorer d’une langue dont la réputation internationale n’est plus à faire?

Tes futurs immigrants francophones vont te remercier de les accueillir dans leur langue. En plus, tu vas leur éviter de devoir traverser dans ta Gatineau voisine pour goûter aux saveurs officielles d’une francophonie québécoise bien vivante. Et puis, tes dizaines de milliers de travailleurs de la Belle Province qui se font un malin plaisir à bloquer tes ponts, matin et soir, pourront te parler, dialoguer et peut-être même avoir envie de vivre en toi, en français, même après 17 heures.

Ton histoire est une épopée Ottawa. T’es une capitale nationale! Tu fêteras très bientôt les 150 ans de la confédération de ton pays bilingue. Ça ne te tenterait pas d’être dans la gang?

Dans un peu plus d’un mois, ton chef et ses conseillers seront en élections. Je te gage qu’ils vont tout faire pour éviter le débat linguistique qui, de coutume, n’est pas très vendeur. Pourtant, c’est le moment ou jamais de dire à tes citoyens que tu as envie d’être bilingue, officiellement bilingue.

Ne rate pas ta chance Ottawa.

T’es capable!

Philippe Daoust

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