Un titre douteux, n’est-CE pas?

Ce matin, le journal Ottawa Sun titrait en référence aux coûts du bilinguisme en Ontario : « C’EST CHER, N’EST PAS? »… En plus de contenir une faute de grammaire aussi énorme que sa proportion démesurée, le titre envoie le message à peine déguisé que les dépenses pour le bilinguisme sont trop élevées. On peut débattre de la pertinence des dépenses publiques comme on peut débattre de tous les sujets d’intérêt. Par contre, je me questionne à savoir si l’effet sensationnaliste du titre était nécessaire.

Ce qui me désole le plus avec cette erreur « de frappe », c’est que le titre fait référence à la langue et au bilinguisme, est-ce que les éditeurs du journal auraient pu prendre le temps de vérifier la qualité de la langue française avant d’aller sous presse? C’est un peu gênant après tout, surtout qu’il s’agit d’un titre purement éditorial.

J’ai déjà occupé des fonctions de rédacteur en chef d’un journal. Il m’est arrivé, bien humainement, de laisser passer une faute de frappe dans le titre de la première page. Je m’en suis mordu les doigts, mais la faute était sans conséquence. Pourquoi? Parce que je ne rendais aucun jugement et je ne suggérais pas de piste de réponses à mes lecteurs avant même qu’ils n’aient lu l’article en question.

Droit fondamental

Pour ce qui est du débat, est-ce que les 621 millions de dollars investis annuellement constituent un montant trop élevé pour offrir des services aux minorités linguistiques de la province? Personnellement, je dis non. Dans un pays bilingue, vivre dans la langue de son choix est un droit fondamental. Point à la ligne.

Toutefois, je me sens un peu seul de mon camp quand je lis les nombreux commentaires que l’article a suscité sur le site du quotidien d’Ottawa. À bien y penser, en regardant le journal ce matin, 621 millions de dollars, ce n’est peut-être tout simplement pas suffisant…

Philippe Daoust