La Saint-Jean : Ô Canada!

Bien avant que la fête de la Saint-Jean-Baptiste ne soit teintée de couleurs religieuses ou politiques, nos ancêtres célébraient l’arrivée de l’été autour de feux de joie. Cette tradition a traversé les siècles et l’Atlantique pour d’abord se transformer en fête pour les Canadiens français puis pour devenir une célébration nationale au Québec.

En remontant le fil du temps, on se rend compte que ce sont les francophones du pays qui ont perpétué la tradition. Aujourd’hui dispersés dans toutes les provinces et les territoires, les francophones se rassemblent encore autour du feu en chantant et en dansant. Bien entendu, la Saint-Jean a pris une tournure patriotique au Québec, mais elle continue de faire rayonner la joie de vivre francophone des Maritimes jusqu’à la côte du Pacifique.

L’hymne des francophones

Ce n’est pas surprenant de voir autant de gens célébrer le 24 juin à l’extérieur des frontières québécoises. L’hymne national actuel, l’« Ô Canada », a été composé et chanté pour la première fois lors d’une fête de la Saint-Jean en 1880. À l’époque, ce chant de ralliement était destiné uniquement aux Canadiens français. Il deviendra, cent ans plus tard, l’hymne de tout le pays.

Lorsque l’on décortique le texte original du poème d’Adolphe-Basile Routhier (dont seulement le premier couplet a été retenu pour la version française de l’hymne national du Canada), on se rend compte de toutes les références à la France, à la Nouvelle-France et à l’identité purement francophone.

« Ô Canada! Terre de nos aïeux, Ton front est ceint de fleurons glorieux! Car ton bras sait porter l'épée, Il sait porter la croix! Ton histoire est une épopée Des plus brillants exploits. Et ta valeur, de foi trempée, Protégera nos foyers et nos droits Protégera nos foyers et nos droits.   Sous l'œil de Dieu, près du fleuve géant, Le Canadien grandit en espérant, Il est né d'une race fière, Béni fut son berceau; Le ciel a marqué sa carrière Dans ce monde nouveau. Toujours guidé par Sa lumière, Il gardera l'honneur de son drapeau, Il gardera l'honneur de son drapeau.   De son patron, précurseur du vrai Dieu, Il porte au front l'auréole de feu; Ennemi de la tyrannie, Mais plein de loyauté, Il veut garder dans l'harmonie Sa fière liberté. Et par l'effort de son génie, Sur notre Sol asseoir la vérité, Sur notre Sol asseoir la vérité!   Amour sacré du trône et de l'autel Remplis nos cœurs de ton souffle immortel. Parmi les races étrangères Notre guide est la foi; Sachons être un peuple de frères, Sous le joug de la loi; Et répétons comme nos pères Le cri vainqueur: « Pour le Christ et le Roi » Le cri vainqueur: « Pour le Christ et le Roi. »

La Saint-Jean n’a plus la même signification pour moi. Ce n’est plus simplement une fête aux couleurs politiques ou nationales. Elle me rapproche maintenant beaucoup plus de tous les bâtisseurs qui ont fait en sorte que je parle encore français en Amérique en 2014.

Je fêterai donc la Saint-Jean autour d’un feu de joie dont les frétillements me rappelleront que c’est le début de l’été et que c’est un excellent prétexte pour fêter mon identité!

Philippe Daoust

Sources :