À la rencontre de véritables champions des langues officielles

osez2Saviez-vous qu’il existe dans les bureaux du gouvernement fédéral de véritables champions des langues officielles? Ces champions ont comme mandat de promouvoir la dualité linguistique en tant que valeurs personnelles et organisationnelles. En d’autres mots, ils font tout en leur pouvoir pour que le français et l’anglais soient utilisés à leur plein potentiel dans notre appareil gouvernemental.

Pour mieux connaître ces champions, je vous partage aujourd’hui un résumé de ma récente discussion avec Donna Achimov, présidente-directrice générale du Bureau de la traduction et présidente du Conseil du Réseau des champions des langues officielles.

Qu’est-ce que le Conseil du Réseau des champions des langues officielles?

« Le Conseil donne une voix à la collectivité des champions et des co-champions des langues officielles. Les administrateurs généraux ont l’obligation de nommer des champions dans leur organisation. Dans le passé, c’était un rôle un peu bénévole, mais maintenant c’est plus formel. »

Le rôle du champion des langues officielles a été inclus dans la Politique sur les langues officielles entrée en vigueur le 19 novembre 2012. Cette politique stipule que les administrateurs généraux doivent se doter d’une structure de gouvernance appropriée.

Que font les champions des langues officielles?

Les champions sont comme des experts-conseils qui donnent aux équipes de gestion et aux sous-ministres des conseils et des réflexions à propos des moyens pour améliorer l’utilisation des deux langues officielles au gouvernement. Ils appuient les administrateurs généraux dans le développement d'une vision intégrée du programme des langues officielles au sein de l’organisation, font la promotion des langues officielles et ont comme objectif la prise en compte des langues officielles dans les processus décisionnels.

« Je suis moi-même co-championne dans mon ministère et pour moi, il est important de travailler étroitement avec notre équipe de gestion pour nous assurer que nos jeunes talents soient prêts à occuper des postes de gestionnaire ou de cadres et que nous soyons prêts à investir dans la formation linguistique », déclare Mme Achimov.

Est-ce que les actions des champions des langues officielles sont ciblées pour les communautés en situation minoritaire?

« Bien sûr, il y a des ministères qui ont un mandat vraiment ciblé pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire et le réseau des champions des langues officielles est une bonne façon de voir comment ils travaillent dans une culture ouverte aux deux langues. Selon moi, c’est une très bonne façon d’avoir une bonne influence positive, sans menaces. La tendance dans plusieurs ministères et organisations est de nommer des co-champions : une personne dans les régions du pays et une autre dans la région de la capitale nationale. Cela donne une autre perspective aux régions du Canada et cela nous permet d’avoir une influence plus concrète. »

Selon vous, quelle est l’importance de la dualité linguistique au sein de la fonction publique?

« Le premier mot qui me vient en tête est RESPECT. La dualité linguistique est une façon de gérer et d’engager les employés ou les clients dans le respect des uns et des autres. C’est aussi une question de politesse quand on a une discussion avec nos collègues. Si on veut créer un milieu de travail innovateur qui permet le partage des idées, il faut que les gens puissent s’exprimer et être compris dans la langue de leur choix. Quand on peut s’exprimer plus facilement, il me semble que les idées sont mieux communiquées. »

Que reste-t-il à accomplir pour faire avancer les enjeux de langues officielles dans la fonction publique?

« Honnêtement, on injecte beaucoup d’argent dans la formation linguistique des employés de l’État pour qu’ils atteignent leurs niveaux, mais on doit mettre davantage l’accent sur le maintien de ces compétences linguistiques. Dans certains emplois, il est obligatoire de maintenir des normes de qualité. Je pense par exemple aux ingénieurs qui doivent respecter des standards pour conserver leur certification. Pourquoi ne pas avoir la même rigueur pour les compétences linguistiques? C’est un grand défi qui nécessitera un changement de culture et c’est le rôle de nos champions d’encourager les bonnes pratiques en la matière dans les ministères, organismes et sociétés d’État. »

Pour en apprendra davantage sur le Conseil du Réseau des champions des langues officielles, visitez le site Internet Osez! Dare!

Philippe Daoust