1 + 1 = 200 (notre dualité linguistique bonifiée)

Celles et ceux qui s’intéressent un tant soit peu à la Francophonie canadienne ont certainement déjà entendu parler de la dualité linguistique. Cette expression est utilisée à toutes les sauces afin de décrire la situation des deux langues officielles parlées à travers le pays. Que l’on soit francophone ou anglophone, la dualité est incluse dans ce qui nous définit. Elle fait donc partie de nous. Mais la connaissons-nous vraiment?

Consultons d’abord notre bon vieux Larousse :

« Dualité : Caractère de ce qui est double en soi ou composé de deux éléments de nature différente : La dualité de l'être humain. »

Chez l’humain, elle représente les femmes et les hommes. Chez l’humain canadien, elle représente les francophones et les anglophones.

Allons maintenant voir la définition de la dualité linguistique du Commissariat aux langues officielles :

« (…) selon le Recensement de 2011, 98 % de la population canadienne peut parler au moins l'une des deux langues officielles, soit le français ou l'anglais. On entend par dualité linguistique la présence de deux groupes linguistiques majoritaires qui coexistent dans un pays où les communautés de langue minoritaire sont réparties sur tout le territoire. La diversité culturelle et la dualité linguistique sont deux valeurs fondamentales complémentaires qui caractérisent l'identité des Canadiennes et des Canadiens. Si la tolérance et le sens de l'accommodement font partie intégrante des valeurs canadiennes, c'est largement grâce à notre dualité linguistique, qui nous a appris à nous respecter mutuellement. »

Notre dualité représente donc seulement les langues officielles qui sont parlées par tout le monde, ou presque.

Deux parmi tant d’autres

La notion de coexistence entre les francophones et les anglophones est primordiale pour définir notre chère dualité linguistique. Mais cette coexistence doit également composer avec de nombreuses autres langues sur notre vaste territoire. Environ 200 langues sont parlées par la population au pays. Parmi celles-ci, les langues autochtones, entre autres, sont aussi au cœur de notre histoire.

Alors, comment notre dualité linguistique, déjà complexe, peut-elle faire place à ces autres langues? Des artistes canadiens semblent avoir trouvé la réponse.

Opéra trilingue en Saskatchewan

Un compositeur de Winnipeg et une poétesse métisse sont en pleine création d’un opéra contemporain qui racontera une partie de l’histoire du personnage Louis Riel. L’œuvre Riel : Heart of the North aura ceci de particulier qu’elle sera présentée en mélangeant le français, l’anglais et le michif (une langue métissée de français et de cri).

Dans leur désir d’authenticité et leur volonté de bien représenter la culture métisse, Neil Weisensel et Suzanne Steele ont d’abord effectué une tournée « dans le pays des Métis », qui les menés à la rencontre des gens au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta, ainsi qu'au Montana et aux Dakotas du Nord et du Sud. Extrait d’un reportage de Radio-Canada

L’opéra trilingue sera présenté à Regina en 2019 et à Winnipeg en 2020. Ce sera assurément une belle façon de voir la culture jouer un rôle déterminant dans une autre définition inclusive de notre dualité linguistique.

Philippe Daoust