Sécurité linguistique : nous avons notre mot à dire!

  1. Au cours de notre vie de francophones, nous avons probablement tous vécu des épisodes d’insécurité linguistique. Certains d’entre nous auront même été victimes d’intimidation. Notre francophonie personnelle ou collective n’est pas toujours dans la meilleure des positions : moqueries-pas-tellement-drôles à propos de notre accent ou exclusion d’un groupe en raison de la langue que nous parlons, par exemple. Alors, pour accroître la sécurité linguistique des francophones d’un bout à l’autre du pays, une stratégie nationale est lancée et nous avons tous et toutes notre mot à dire!

Pilotée par la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), la Stratégie nationale pour la sécurité linguistique (SNSL) devrait être prête au printemps 2020 avec la rédaction du rapport final. L’objectif principal de la SNSL est d’établir des pistes d’actions concrètes pour diminuer l’insécurité linguistique et contrer l’intimidation envers les francophones.

Sérieux travail

« L’insécurité linguistique, c’est quelque chose de commun pour les gens d’un peu partout au pays et même au-delà du réseau jeunesse, soutient Sue Duguay, présidente de la FJCF. Avec cette stratégie, nous faisons un partenariat avec plusieurs acteurs des communautés pour trouver une solution commune pour régler la situation. »

Comme l’élaboration d’une stratégie d’une telle ampleur ne se fait pas en deux jours, plusieurs volets de consultation et de recherche d’informations auront lieu au cours des deux prochaines années. La population, les associations et les organismes seront interpellés pour participer à des sondages, des consultations, des entrevues ciblées et un forum national.


Faites-vous entendre!

Les francophones de partout au Canada sont invités à participer à la démarche de consultation. Vous avez quelque chose à dire? Vous avez été victime d’intimidation par rapport à votre langue ou vous subissez de l’insécurité linguistique? Votre voix et votre vécu sont importants pour les responsables de la démarche.

Voici comment vous pouvez les aider à trouver des solutions à cette problématique en utilisant l’un ou l’autre des moyens suivants :

  1. Renseignez-vous en visitant le ca/snsl.
  1. Participez au court sondage en ligne (avant le 18 novembre 2018).
  1. Formez un groupe de conversation avec vos amis, collègues ou famille et rédigez un court rapport de vos discussions et idées (avant le 31 janvier 2019).
  1. Déposez un mémoire si vous faites partie d’un organisme ou d’une association (avant le 23 novembre 2018).

Quelques exemples

« L’insécurité linguistique se vit de façon différente pour chaque individu, précise Mme Duguay. Parfois, elle peut naître de comparaisons négatives entre un régionalisme ou un accent local avec un français "normatif". L’un des buts de la stratégie est justement d’abolir le concept qu’il y ait un français meilleur qu’un autre ou plus "correct". »

La peur d’utiliser notre langue française au quotidien peut également faire partie de la définition de sécurité linguistique selon la présidente de la FJCF qui a grandi comme francophone en milieu minoritaire à Miramichi, au Nouveau-Brunswick. « L’insécurité peut tout simplement être de ne pas avoir le courage de dire "bonjour" au lieu de dire "hello" à l’épicerie. »

En parlant à différents individus dans le cadre de la SNSL, les responsables pourront brosser un portrait diversifié de la situation de façon plus précise. « Le concept d’insécurité linguistique est relativement nouveau bien que l’on sache qu’elle existe depuis plusieurs années », précise Mme Dugay qui espère une bonne participation citoyenne à cette démarche.

En fin de compte, la stratégie devrait inclure une définition claire de la sécurité linguistique au Canada. « Quand nous pourrons définir ce problème commun, ce sera beaucoup plus facile de le résoudre, conclut-elle. Et avec la compréhension vient l’outillage! »

Philippe Daoust