Manque d’enseignants francophones : un beau problème à régler!

L’an dernier, dans le cadre de leur 20e anniversaire, les Rendez-vous de la Francophonie (RVF) soulignaient notamment le dynamisme francophone en économie, en culture et en éducation. Faire des affaires en français, c’est payant. Célébrer notre culture pour stimuler nos communautés, ça fonctionne. Éduquer nos enfants en français pour un avenir meilleur, c’est tellement positif qu’il manque cruellement d’enseignants pour répondre à une explosion d’élèves francophones au Canada. Ça, c’est du dynamisme!

L’intérêt pour inscrire un petit Canadien ou une petite Canadienne dans une école de langue française ou d’immersion française, à l’extérieur du Québec, est en forte progression dans différentes régions du pays. En Acadie, en Ontario et dans l’Ouest canadien, de nouvelles écoles francophones apparaissent, les listes d’attente gonflent et certaines classent débordent.

Selon plusieurs intervenants, ce n’est pas une surprise de voir la popularité grandissante de l’éducation en langue française dans un contexte linguistique minoritaire. De fait, les avantages des études francophones sont nombreux et les parents anglophones s’y intéressent visiblement davantage. À ceci s’ajoutent l’augmentation de l’immigration francophone et les départs massifs d’enseignants baby-boomers à la retraite.

Deux côtés de la médaille

La situation de la pénurie d’enseignants francophones qualifiés en inquiète plus d’un, dont les responsables des districts scolaires et des associations d’enseignants qui s’arrachent les cheveux pour trouver de la main-d’œuvre prête à travailler. On sollicite littéralement les diplômés universitaires en éducation et on courtise déjà les stagiaires pour leur offrir un emploi à la fin de leurs études. Plusieurs retraités sont rappelés en renfort pour prendre en charge des classes bondées d’élèves qui ont soif d’apprendre en français. Et, dans certains cas, on emploie même des travailleurs sans diplôme en éducation pour enseigner de façon temporaire, dit-on.

Quel beau problème à avoir dans une société!

Bien sûr, la pénurie d’enseignants francophones cause des maux de tête. Bien sûr, nous voulons tous que nos enfants aient une éducation de qualité avec des gens qualifiés au maximum. Bien sûr, nous ne souhaitons pas que le problème s’aggrave… mais avouons qu’il est préférable de gérer convenablement cette croissance et cette popularité de nos écoles françaises plutôt que d’être pris à s’occuper de l’inverse.

L’ampleur positive qui se dégage de cette situation doit faire un contrepoids aux défis liés au recrutement de personnel dans nos écoles. Soyons fiers du dynamisme que les élèves francophones de plus en plus nombreux soufflent dans nos communautés. Soyons reconnaissants du travail de qualité effectué par nos responsables d’établissements scolaires et par leur personnel déjà en place.

Aidons notre éducation francophone à poursuivre sur cette lancée en continuant de valoriser la profession d’enseignant dans nos écoles primaires et secondaires.

Le métier d’enseignant de langue française fait partie des plus beaux métiers du monde parce qu’il permet d’influencer au quotidien l’avenir de la jeunesse francophone et de toute sa communauté.

Éduquons-nous à éduquer; nous n’aurons plus que de beaux problèmes à régler!

Philippe Daoust

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