Des stagiaires francophones s’épanouissent au Yukon!

Deux étudiantes en nutrition de l’Université d’Ottawa ont récemment vécu une expérience de stage enrichissante au Yukon. La diversité culturelle de la communauté, les échanges et la nature omniprésente leur ont permis d’apprendre leur métier tout en construisant un fort sentiment d’appartenance dans leur communauté d’accueil.

Myriam Beaudry et Raphaëlle Laroche-Nantel nous racontent ici comment elles ont rapidement pu se sentir chez soi, et ce, à 5000 kilomètres de la maison!


Au moment d’annoncer à notre entourage que nous allions réaliser notre premier stage dans le territoire du Yukon, les réactions sont passées de : « Wow, quelle belle expérience ! » à « Hein, mais pourquoi aller s'isoler aussi loin ? ». En tant qu'étudiantes, réaliser un stage dans un milieu éloigné tel le Yukon nous a non seulement permis d'appliquer les connaissances acquises lors des deux premières années du baccalauréat, mais surtout de le faire dans un milieu où les situations alimentaires et géographiques étaient différentes d'ici. Il s'agissait d'une occasion incroyable d’élargir notre vision des réalités alimentaires en Amérique du Nord et d'en apprendre davantage sur les communautés autochtones. Nous sommes toutes les deux parties l'esprit très ouvert à ces nouveaux apprentissages.

Tout au long de notre séjour, notre curiosité et notre soif de découvrir ce coin du Canada n’ont jamais cessé d’être comblées. Être entourées des montagnes et de la nature, vivre avec environ 20 heures d'ensoleillement par jour, constater l'écart entre les classes sociales au sein d'une petite communauté, être exposées à l'intime cohabitation entre les Premières Nations, les immigrants philippins et le reste de la population ne sont que quelques exemples des particularités de l’environnement avec lequel nous avons composé durant nos deux mois là-bas. Il s'agissait définitivement d'un milieu enrichissant qui a suscité chez nous beaucoup de réflexion. Par exemple, au sein de notre milieu de stage, nous avons dénoté de nombreuses différences à l’égard du fonctionnement et des politiques par rapport aux hôpitaux de la région d'Ottawa. Ce fut donc une excellente manière de comparer les notions que nous avions vues en classe avec celles de la réalité du Yukon.

La langue fut également un défi intéressant pour nous deux. Il était très demandant mentalement de communiquer, travailler et interagir avec notre famille d'accueil dans notre langue seconde la majorité du temps. Ce défi a toutefois été une excellente opportunité de perfectionner notre maîtrise de l'anglais et de nous donner la confiance nécessaire pour devenir des professionnelles de la santé étant aptes offrir un service de qualité dans les deux langues officielles : le français et l'anglais.

Cette expérience de stage nous a ouvert les yeux à la réalité des minorités francophones au Canada. En effet, nous avons eu plusieurs occasions d’échanger avec les membres de l’Association franco-yukonnaise, qui nous ont accueillis à bras ouverts et nous ont encadrés tout au long de notre séjour au Yukon. Évidemment, sans l’aide financière et les ressources diverses du Consortium national de formation en santé (CNFS), nous n’aurions pas pu vivre une aussi belle première expérience de stage. Nous sommes donc très conscientes de l’importance de ces programmes et associations dans l’épanouissement de jeunes professionnels francophones au Canada.

Ainsi, malgré ce cocktail de nouveautés et diversités dans nos vies, sans parler des 5000 km qui nous séparaient de notre ville natale, nous avons trouvé, pendant ces huit semaines de stage, le sentiment de confort et d'appartenance d'un chez-soi au sein de la communauté yukonnaise.

Myriam Beaudry et Raphaëlle Laroche-Nantel