Pour une éducation de nos enfants dès la petite enfance!

Alors que plusieurs provinces canadiennes font face à une pénurie d’enseignants francophones qualifiés dans les écoles élémentaires et secondaires, les centres de la petite enfance sont eux aussi confrontés à un manque d’éducateurs et d’éducatrices s’exprimant en français. Notre francophonie a besoin de mettre en lumière le travail de ces professionnels qui sont bien plus que de simples gardiens et gardiennes d’enfants. On doit aussi trouver rapidement des solutions à un problème qui grandit trop vite.

Il est déjà difficile pour des parents d’enfants d’âge préscolaire vivant en situation linguistique minoritaire de trouver des services de garde en français dans leur communauté. Les différents centres de la petite enfance (CPE) auraient par ailleurs des difficultés à recruter des éducateurs et des éducatrices francophones.

C’est le cas notamment en Colombie-Britannique et à l’Île-du-Prince-Édouard :

Il faut préciser que la pénurie de main-d’œuvre en petite enfance affecte l’ensemble du pays. Même au Québec, au cœur de la majorité francophone, les éducateurs et les éducatrices se font rares :

Ce problème est de plus en plus préoccupant… surtout lorsque l’on sait que l’éducation des enfants d’âge préscolaire est essentielle à leur développement, et ce, jusqu’à l’âge adulte.

« Les enfants qui ne bénéficient pas d'une éducation préscolaire sont privés d'une possibilité de développement et sont exposés à de profondes inégalités dès le début de leur vie. »  – UNICEF Canada

Cette déclaration est tirée du premier rapport de l’UNICEF à propos de l’éducation préscolaire. Intitulé « Un monde prêt à apprendre : Accorder la priorité à une éducation préscolaire de qualité », ce rapport, dévoilé le 10 avril 2019, reproche aux gouvernements du monde entier de ne pas investir suffisamment en éducation préscolaire.

Chez nous, près de la moitié des enfants canadiens de deux à quatre ans ne peuvent pas bénéficier de services éducatifs préscolaires.

« Les gouvernements de l'ensemble du Canada n'investissent pas suffisamment dans l'éducation préscolaire, ce qui désavantage grandement 532 000 enfants de deux à quatre ans, une disparité à laquelle il faut remédier. » – UNICEF Canada

La solution à la pénurie de personnel qualifié dans nos CPE est toute simple : investir davantage! Présentement, moins de 3 % des budgets annuels de nos gouvernements sont alloués à l’éducation de la petite enfance alors qu’ils sont à 5 % ou 6 % dans d’autres pays comparables au nôtre.

N’attendons plus! Exigeons de nos gouvernements qu’ils libèrent l’argent nécessaire pour former des éducateurs et des éducatrices compétents qui favoriseront à coup sûr le développement de nos enfants.

Partout au pays, nous avons tout intérêt à trouver des solutions pour éduquer convenablement nos enfants dès leur plus jeune âge. C’est la qualité de notre avenir collectif qui est en jeu…

Philippe Daoust

« L'avenir d'une nation ne peut se trouver que dans sa capacité à éduquer ses enfants. » – Madiou Diallo