Allons à la rencontre des ambassadeurs de la Tournée bonjour my friend!

Depuis le mois d’avril, les ambassadeurs de la Tournée bonjour my friend, Laura Lussier et Shaunpal Jandu, ont traversé la moitié du Canada dans leur caravane aux couleurs de la dualité linguistique. Ils ont notamment recueilli des dizaines de témoignages de gens intéressés par les langues officielles de notre pays.

Au cours des prochains jours, ces ambassadeurs iront à la rencontre de la population en Ontario, au Québec et dans les Maritimes. Laura et Shaunpal ont gentiment accepté de répondre aux questions des Rendez-vous de la Francophonie afin d’en apprendre davantage sur eux, leur parcours et leurs motivations à participer à la Tournée bonjour my friend!

Laura Lussier

Franco-Manitobaine de Winnipeg, une ville qui reste son port d’attache, Laura Lussier est comédienne, metteure en scène, personnalité télé, écrivaine et coach de succès. Elle travaille, vit, et crée dans les deux langues officielles, et ce, avec une grande fierté.

RVF : Qu’est-ce qui t’a convaincue de devenir ambassadrice de la Tournée bonjour my friend?

LL : C'est honnêtement l'enthousiasme de Réda Lounis à la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures! Il m'a contactée avant les Fêtes avec cette proposition de projet.  Je ne l'avais jamais rencontré et je connaissais à peine le travail de la Fondation, mais l’énergie et la conviction de Réda que j'étais la bonne personne pour ce projet m'ont convaincue d'embarquer. Au-delà de ça, c'était la promesse d'un dialogue pancanadien qui m'a emballée. Un projet ouvert à tous les points de vue, qui encourage l'échange d’opinions et la création des ponts, c'est assez rare. Alors me voici, sur la route, très contente de faire toutes ces rencontres précieuses et d'entamer un dialogue à l'échelle nationale sur un principe qui affecte tous les Canadiens. 

RVF : Quels avantages retires-tu personnellement de la dualité linguistique?

LL : J'ai la chance de travailler dans les deux langues officielles à Winnipeg et un peu partout au Canada dans les domaines du théâtre et de la télé. Je suis aussi Coach certifiée professionnelle et j'ai des clients francophones et anglophones partout en Amérique du Nord. J'ai des amis anglophones et francophones partout au monde, j'apprends deux autres langues (espagnol et ASL), je peux profiter de l'art et de la culture dans les deux langues et je peux vivre deux cultures pleinement. Le plus grand avantage pour moi, c'est l'ouverture que la dualité linguistique (que j'ai vécue dès ma naissance dans une famille exogame) a inculquée en moi.  Je crois que ça me permet de vivre ma vie avec une grande curiosité et de connecter avec les gens plus facilement.

RVF : Comment la première moitié de la Tournée bonjour my friend a pu modifier ou renforcer ta vision de la dualité linguistique au pays?

LL : J'ai eu la chance de traverser le pays à plusieurs reprises et l'ouverture et la gentillesse des Canadiens m'étonnent encore. La dualité linguistique a ouvert la porte à la diversité que le Canada connait aujourd'hui et les gens avec qui on a pu parler voient la valeur et l'importance de cette dualité pour le futur du pays. Ma vision de la dualité linguistique comme étant l’un des grands facteurs qui nous unit reste intacte et devient plus riche et nuancée avec chaque province que l'on traverse.

RVF : Jusqu’à maintenant, est-ce que tu as remarqué des différences dans les réalités des différentes régions visitées? Par exemple?

LL : Certainement. Chaque région du Canada a ses particularités et sa différente réalité. Vivre en situation minoritaire est très différent que de vivre en situation majoritaire, évidemment. Dans certaines régions, on ressent une certaine fierté de comment deux (ou plusieurs) communautés linguistiques vivent ensemble de façon harmonieuse. Dans d'autres, on ressent une division ou un manque de valorisation de la communauté francophone minoritaire. Dans certaines provinces, comme la Saskatchewan, la communauté francophone est extrêmement éparpillée, mais ils réussissent à se rassembler dans leurs communautés respectives et de fêter tout le monde ensemble lors du Festival fransaskois. C'est magnifique!

RVF : À quoi peut-on s’attendre pour la suite de la Tournée au Québec, en Ontario et dans les Maritimes?

LL : À d'autres belles rencontres, d'autres belles découvertes et d'autre bonne bouffe!!!

Shaunpal Jandu

Canadien de première génération, Shaunpal Jandu est consultant et graphiste trilingue. Passionné par la langue et la communication depuis un jeune âge, il œuvre depuis longtemps avec le gouvernement fédéral, dans le secteur privé, et avec l’organisme pancanadien Canadian Parents for French.

RVF : À mi-parcours, comment apprécies-tu ton rôle d’ambassadeur de la Tournée bonjour my friend?

SJ : Nous avons seulement passé la mi-chemin (du nombre de provinces visitées et de kilomètres parcourus d’ouest en est) et je dois dire que c’est une expérience extraordinaire et un incroyable privilège d’être ambassadeur de cette tournée. Rencontrer des Canadiens de tous les types comme des étudiants, des professionnels et des retraités me permet d’apprendre leur vision des langues officielles du Canada et d’être moi-même éclairé. Le fait que les Canadiens peuvent exprimer leurs opinions positives ou négatives m’indique que nous sommes dans un pays ouvert aux discussions et à la compréhension.

RVF : Quels sont, selon toi, les plus grands défis liés à la dualité linguistique canadienne?

SJ : Je crois que le plus grand défi de la dualité linguistique est de faire circuler le message ou de passer le mot. Tout le monde à qui nous avons parlé jusqu’à maintenant s’accorde pour dire que la dualité linguistique est bonne pour le Canada et qu’elle contribue à le rendre plus diversifié. Nous avons, Laura et moi, souvent à expliquer et à décrire ce qu’est la dualité linguistique. Et, une fois que c’est fait, les gens disent « c’est super » ou « nous sommes d’accord ».  

RVF : À ton avis, pourquoi est-il important de souligner le 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles?

SJ :  À mon avis, c’est important de souligner cet anniversaire parce c’est le point de départ des discussions à propos de la modernisation de la Loi sur les langues officielles (LLO). C’est plus qu’une fête : il s’agit du bon moment de s’attarder à où nous étions, où nous sommes et où nous souhaitons aller par rapport aux langues officielles. Tout ceci nous aide à planifier et à élaborer l’avenir des langues officielles.

RVF : Quelle est la place des autres langues dans la société canadienne, comme les langues autochtones ou les langues des nouveaux arrivants?

SJ : Plusieurs personnes à qui nous avons parlé, peu importe l’aspect démographique, ont mentionné que nous devrions inclure, au minimum, les langues autochtones dans nos langues officielles. Toutefois, le plus grand défi réside dans le choix des langues autochtones à ajouter. Toutes les 70 langues autochtones, le top 5 ou seulement quelques-unes? La logistique de choisir l’une ou l’autre de ces langues est très difficile, mais le processus de modernisation de la Loi sur les langues officielles (LLO) nous permet d’en discuter ensemble. Une chose est certaine : les langues autochtones sont un grand avantage pour la LLO.

RVF : Crois-tu que tu resteras marqué par la Tournée bonjour my friend une fois qu’elle sera terminée? Pourquoi?

SJ : Je vais très certainement me souvenir de cette tournée! J’ai eu la chance de visiter le Canada d’un bout à l’autre d’une manière que très peu de gens peuvent le faire et j’ai pu réaliser que le stéréotype du « polite Canadian » est en fait une vérité! Je vais surtout me rappeler cette tournée parce que nous avons eu l’occasion de discuter avec les autres à propos de quelque chose qui m’est chère, et qui, selon plusieurs, est une véritable valeur canadienne : les langues officielles du Canada.

Pour suivre le parcours des ambassadeurs Laura et Shaunpal, visitez le www.bonjourmyfriend.ca.

La Tournée bonjour my friend se terminera le 21 juin, à Saint-Jean de Terre-Neuve.

Bonne fin de voyage, my friends!

Philippe Daoust