L’insécurité et l’inconfort de parler en français : une réalité pour plusieurs Canadiens

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La sécurité linguistique, qu’est-ce que ça signifie pour vous? Qu’est-ce que ça représente? Que vous soyez au Manitoba ou en Colombie-Britannique, votre réponse sera peut-être la même ou complètement différente selon votre réalité. Appuyée par des partenaires de partout au pays, la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) s’est penchée sur le sujet dans les dernières années en développant une stratégie nationale. Celle-ci a été publiée le 20 mars, la Journée internationale de la Francophonie, et est accessible à tous puisqu’elle sert également d’outil et de ressource.

L’objectif de la stratégie

En 2014, la FJCF s’est vu confier la mission de traiter de la sécurité linguistique en créant une stratégie nationale. Quel est son but? Proposer des initiatives et des actions qui pourront alors être appliquées par quiconque, selon leurs ressources, réalité et domaine afin d’enrayer l’insécurité de l’usage du français.

« C’est le rapport à la langue, entre l’individu et une langue. Le sentiment d’inconfort ou le manque de confiance dans ses habiletés linguistiques. » Sue Duguay, présidente à la FJCF

Malgré qu’elle soit leur langue première, certains Acadiens se retrouvent dans cette impasse. Ils parleront à d’autres francophones et se feront corriger comme quoi ils ne parlent pas bien en français. Avouons que ça peut être décourageant. Ou encore, de jeunes étudiants anglophones qui parlent bien le français, mais n’oseront le faire par peur d’être jugés. Voilà seulement quelques situations d’insécurité linguistique existantes.

Construire la stratégie

Afin d’avoir un profil global de la situation au Canada, la FJCF a procédé en plusieurs étapes avant d’arriver au résultat final. Des consultations auprès de différentes communautés au pays en plus d’un état des lieux et des entrevues ciblées. Lors de ces mois de travail, des groupes de discussion se sont formés un peu partout au pays, des organismes ont rédigé des mémoires et des sondages ont été réalisés. Puis, au printemps 2019 s’est tenu le Symposium national sur la sécurité linguistique qui a permis encore plus d’échanges sur le sujet.

Au fil de ces étapes, un groupe de travail a fait plusieurs observations réalisant que la problématique touchait non seulement les plus jeunes, mais des gens de tous les âges dans tous les secteurs et avec des réalités différentes l’une de l’autre.

Un outil pour tous

La publication de la Stratégie nationale de la sécurité linguistique n’est pas qu’une brique de mots faisant l’étude de la situation. Elle est un outil qui peut être utilisé avec des solutions pour encourager et mettre en confiance les personnes d’expression française.

« On veut que les gens puissent se l’approprier dans tous les domaines. » Sue Duguay, présidente à la FJCF

Le document a été divisé en plusieurs sections afin d’en faciliter la lecture et la recherche de solutions selon chacun. Les quatre domaines d’intervention couverts par la SNSL sont l’éducation, le marché du travail, la culture et les médias, ainsi que les politiques publiques. Ces pistes d’action se veulent des idées afin d’insuffler un appel à l’action. Le souhait étant que leur formulation soit suffisamment précise pour guider l’action collective et assez flexible et englobante pour laisser la latitude aux intervenants concernés d’agir selon le contexte qui leur est propre pour pleinement mettre à profit leur expertise dans leur domaine respectif. Ce sera donc un outil de prédilection pour trouver des réponses et surtout d’avoir des suggestions afin que la sécurité linguistique soit priorisée partout au pays, autant pour les plus jeunes que les plus vieux.

 Vanessa Lisabelle, blogueuse