À la découverte du studio de la francophonie canadienne à Moncton

Saviez-vous qu’il existe un studio de l’Office nationale du film au cœur du Nouveau-Brunswick? Un endroit qui abrite des créateurs en tout genre dans l’art du cinéma et du documentaire, dont la productrice Christine Aubé avec qui nous avons l’occasion de découvrir le studio.

Qu’est-ce que c’est le studio de la francophonie de l’ONF?

C’est un amalgame de tous les studios francophones canadiens à l’extérieur du Québec en deux pôles distincts. D’un côté il y a celui de Moncton qui dessert toute la région francophone atlantique, puis il y a celui de Toronto pour l’Ontario, les provinces de l’Ouest et les territoires. À sa création en 1974, le studio de Moncton s’appelait alors le studio Acadie jusqu’en début 2010 où il a été jumelé avec le studio Ontario Est pour devenir ce qu’il est aujourd’hui.

Il existe un total de 10 studios de l’ONF au pays, regroupés par programmes soit anglophone ou francophone, dont celui à Moncton. Une grande partie du travail se fait avec des cinéastes d’expression française sur le territoire. Le studio agit comme accompagnateur pour ces derniers, en ayant entre autres une salle de montage vidéo ou encore l’accès à une équipe spécialisée.

Quels genres de projets avez-vous?

Ce sont les documentaires qui sont majoritairement produits dans notre studio, mais depuis les dernières années nous explorons d’autres styles comme le 360 ou la réalité virtuelle afin de permettre à des créateurs de différents univers de pouvoir bénéficier de l’expertise et des services offerts par l’ONF. Présentement nous avons environ 14 projets qui en sont à différentes étapes comme à l’écriture, en production ou encore en mise en marché.

Tous sont différents, chacun ayant un créateur avec sa propre idée. Certains projets ont une équipe plus restreinte, mais d’autres, dont un sur lequel nous travaillons en ce moment comporte une équipe d’une centaine de personnes.

Pouvez-vous nous parler de certains de vos récents projets?

Tout récemment, il y a eu Plus haut que les flammes, une création de Monique Leblanc. Elle est dans le milieu de l’ONF depuis les années 80. Son récent film est basé sur une poésie du même nom, écrite par Louise Dupré. Ce projet fut un défi différent de ce dont nous sommes habitués puisque ce n’est pas une adaptation contextuelle. Le montage a été inspiré du poème et la narration est une lecture intégrale de celui-ci.

Monique est une créatrice extraordinaire qui ne fait pas que du cinéma, elle fait aussi de la photographie et de l’art visuel, ce qui fait d’elle une personne ayant des capacités artistiques très intéressantes. Elle s’est investie complétement dans son projet en tournant la majorité des images elle-même, chose qu’elle ne faisait pas vraiment avant.

Pour moi comme productrice, se fut un projet riche en apprentissage et extrêmement stimulant. On sentait qu’on sortait des sentiers battus, du documentaire traditionnel. C’était un souhait pour moi d’avoir ce genre de projet dans notre studio puisque cela représente bien toutes les formes d’art qui existent avec les arts médiatiques. Je trouvais que c’était un très beau projet qui a porté fruit puisque cela nous a permis de rejoindre un réseau que nous n’exploitions pas vraiment auparavant, soit la littérature et la poésie. Au niveau créatif, se fut réellement une expérience extraordinaire avec Monique et tout ce que cela a emmené comme réflexion en nous sortant de notre zone de confort.

Pour découvrir la programmation de l’ONF, rendez-vous ici!

Vanessa Lisabelle, blogueuse

Image: L.P Chiasson