300 ans plus tard: petit tour de l’histoire de l’Île-du-Prince-Édouard

La naissance de l’Île-du-Prince-Édouard

Tout commence en 1719, où le comte Saint-Pierre se voit confier par le roi Louis XV la construction d’un établissement et une pêcherie à l’île Saint-Jean, une immense parcelle de terre détachée du reste du Canada. Ce n’est que l’année suivante que les premières familles acadiennes ont mis le pied sur cette île, en rejoignant les quelques centaines de colons français qui y vivaient depuis peu.

Les familles acadiennes étaient d’origine française et s’étaient d’abord établies dans la Nouvelle-Écosse péninsulaire avant de prendre le cheminde l’île Saint-Jean.

Ce déménagement vers l’île avait fait suite à plusieurs années de résistances aux Anglais qui avaient pris possession de l’Acadie au début des années 1700. À l’époque, ce sont donc que quelques familles qui ont pris la décision de refaire leur vie à l’île Saint-Jean, où la ville de Port-Lajoie a pris naissance.

Puis entre 1748 et 1752, les conflits et la tension de plus en plus forts obligent des centaines d’Acadiens à faire leurs valises. La population de l’île Saint-Jean passe en quelques années de 700 quelques habitants, à plus de 2 000. Les menaces de déportation par les Anglais ont poussé d’autres familles à fuir vers l’île jusqu’à ce qu’en 1758 les Britanniques expulsent en France environ 5 000 Acadiens.  Toutefois, près de 2 000 autres ont réussi à s’échapper et éviter la déportation.

Les années suivantes, la situation s’est calmée notamment avec le Traité de Paris en 1763. Des familles reviennent peu à peu sur l’île, en provenance de la baie des Chaleurs, du sud-est du Nouveau-Brunswick, des îles Saint-Pierre-et-Miquelon et de la France.

C’est seulement en 1798 que l’île Saint-Jean fut renommée l’Île-du-Prince-Édouard en hommage au fils du roi George III qui commandait les troupes à Halifax à cette époque. Puis la ville où ont emménagé les premiers Acadiens, Port-Lajoie en 1720, est devenue Charlottetown.

L’Île-du-Prince-Édouard de nos jours

Il y a de forte chance que vous ayez déjà consommé une pomme de terre Prince Édouardienne au moins une fois dans votre vie! Bien que son histoire soit riche, sa terre l’est aussi avec plus de 180 cultivateurs de patates sur l’île uniquement qui font la distribution de leur légume dans 20 pays dans le monde. Ce n’est donc pas surprenant que parmi ses nombreux surnoms, l’I.-.P.-É. ait hérité de celui de l’Île aux patates!

La pomme de terre y est cultivée depuis plus de 200 ans !

Outre l’industrie de la patate qui continue d’évoluer après toutes ces années, la présence acadienne conserve aussi sa place sur l’île tout en évoluant. La population complète de l’I.-P.-É. est de près de 143 000 habitants selon le recensement de 2016. De ce nombre, 4 550 personnes se considèrent francophones et 235 comme étant bilingues. Avec les années, le français a laissé sa place à l’anglais, surtout dans les grands centres tels que Charlottetown et Summerside.

La région d’Évangéline, quant à elle, détient une présence acadienne principalement francophone.

Ce secteur englobe une douzaine de villages sur la côte sud de l’Île-du-Prince-Édouard, dont Urbainville, Saint-Chrysostome, Petit-Cap, Saint-Philippe, etc. L’éducation francophone est aussi présente avec six écoles de langue française réparties sur l’île.

Si vous êtes, comme moi, une personne qui n’est pas nécessairement plongée dans la vie de l’Île-du-Prince-Édouard, j’ai une référence culturelle qui pourrait vous surprendre. Saviez-vous que la chanteuse Angèle Arsenault est une Prince Édouardienne? Parmi ses chansons connues, plusieurs se rappelleront du titre humoristique Moi J’mange. Vers la fin des années 70, cette chanson ainsi que Je veux toute la vivre ma vie, lui ont permis d’atteindre des sommets au palmarès.

Restons quelque peu dans l’univers musical avec la lieutenante-gouverneure de l’Île-du-Prince-Édouard qui fut enseignante de musique mais aussi de français pendant 32 ans à la Tignish Consolidated Elementary School. Antoinette Perry, qui occupe son titre depuis 2017, est une fervente défenderesse des deux langues officielles autant pour l’ensemble du pays que dans sa province. Elle croit à ce que tout un chacun puisse être accueilli et servi dans la langue de son choix.

Vanessa Lisabelle, blogueuse