CEPEO : Relever les défis d’une année scolaire en temps de pandémie

L’année 2020 a été synonyme de défis, de changements et surtout d’adaptation pour la majorité d’entre nous… voir, pour tous ! Nos habitudes de vie ont dû changer pour y intégrer de nouvelles pratiques qui ne nous étaient, jusqu’à présent, aucunement coutumes. Et s’il y a un secteur qui a dû conjuguer avec le changement et l’adaptation, c’est bien le milieu scolaire.

Pour connaître quelle a été la réalité dans ce milieu, je me suis entretenue avec la directrice de l’éducation au Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario (CEPEO), Sylvie C. R. Tremblay.

 

D’abord, qu’est-ce que le CEPEO? Il s’agit du plus grand conseil scolaire public de langue française en Ontario, avec 17 000 élèves répartis dans 44 écoles, dont deux qui seront construites prochainement. Le conseil couvre un vaste territoire de 40 000 km2, entre Hawkesbury, Cornwall, Trenton et Pembroke.

En mars 2020, tout le système scolaire fut chamboulé avec l’arrivée de la pandémie. Comment gérer une telle crise avec des milliers d’élèves? Comment repenser l’enseignement sans affecter l’éducation de ces jeunes? Ce fut le même casse-tête pour tous les conseils scolaires, dont le CEPEO. Un an plus tard, Madame Tremblay croit que l’adaptation s’est bien déroulée, quoique toujours en cours évidemment puisque la pandémie n’est pas terminée. 

Rappelons qu’en Ontario, les écoles sont demeurées fermées du début mars jusqu’au mois de juin. Lors de l’annonce de la rentrée scolaire pour l’automne 2020, l’équipe du CEPEO a dû préparer ce retour en classe selon trois scénarios possibles. Lorsque les jeunes ont pu revenir à l’école dès la fin août, plusieurs nouvelles habitudes ont dû être adoptées. Le port du masque, la désinfection des mains, la distanciation physique, etc.

" La rentrée s’est bien passée, et même depuis ce temps, ça se passe bien. Nous avons besoin d’être prêts à agir, parce que l’information sur le contexte sanitaire évolue rapidement. C’est un peu là le défi que nous avons, comme j’imagine pour tous les autres conseils scolaires. "

– Sylvie Tremblay, directrice à l’éducation au CEPEO

Avec l’évolution de la situation, pratiquement changeante chaque semaine, le fait de devoir être prêt à toute éventualité demande beaucoup de résilience et d’énergie mentale, souligne Madame Tremblay. En décembre 2020, tout juste avant les Fêtes, une autre annonce vient chambouler les plans des écoles de l’Ontario avec un second confinement. Certains établissements ont été fermés trois semaines et d’autres un mois complet avec le congé des Fêtes. La rentrée qui était prévue en présentielle a donc été tout autre et a demandé au personnel scolaire de la repenser, à peu de temps d’avis. Pour Madame Tremblay, tous ces efforts démontrent encore une fois l’engagement et le professionnalisme du personnel enseignant et des directions scolaires pour s’adapter rapidement. Avec tous ces changements, elle qualifie l’année scolaire comme étant très exigeante, ce à quoi plusieurs seront certainement en accord.

Si nous revenons à la rentrée à l’automne, il faut aussi rappeler qu’il avait été offert deux options aux parents d’élèves, soit que leur enfant fasse l’école en présentiel, ou en virtuel. Le CEPEO a donc dû s’adapter en quelques semaines, en créant une école virtuelle où près de 3000 élèves s’y sont inscrits pour la rentrée. Cette nouvelle formule impliquait la formation des enseignants attitrés aux cours virtuels, chose qui n’était pas dans leurs habitudes ni dans les habitudes de la majorité des écoles du pays qui ont dû faire de même!

" Mon discours a toujours été le même depuis le début de l’année. Nous sommes prêts à recevoir les élèves en présentiel et en virtuel avec toutes les mesures en place pour leur sécurité, mais tout ne sera pas parfait en partant. Nous sommes en train de construire l’avion alors qu’il est déjà dans le ciel. "

– Sylvie C. R. Tremblay, directrice à l’éducation au CEPEO

Maintenant, l’heure est à l’ajustement pour le CEPEO qui, comme tout autre conseil scolaire, s’adapte selon les nouvelles annonces et mesures à appliquer au fil des semaines. Autant pour les élèves que les enseignants ainsi que la direction, les nouvelles habitudes demandent du temps d’adaptation. 

Je lève mon chapeau à tous ces gens qui travaillent sans relâche depuis un an pour s'assurer de l’éducation des jeunes, malgré le contexte. Je crois, qu’avoir encore été aux études, le simple fait d’assister à mes cours aurait représenté pour moi une stabilité nécessaire et essentielle à mon bien être dans cette crise. Bravo!

Vanessa Lisabelle, blogueuse

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