Les accents et la sécurité linguistique vus par les jeunes dans une campagne de la FJCF

La FJCF s’apprête à dévoiler une superbe campagne qui a permis d’aller à la rencontre de diverses communautés canadiennes pour parler de la francophonie sous toutes ses formes. Gardez l’œil ouvert, parce que vous verrez le résultat de cette campagne en juin 2021. Afin d’en apprendre un peu plus sur cette initiative d’ici le grand dévoilement, je me suis entretenue avec Julien Robichaud, originaire de Moncton au Nouveau-Brunswick, celui qui a justement été de ces rencontres.

En quoi consiste le projet ?

L’objectif premier était de créer un sentiment d’appartenance et de fierté chez les jeunes en situation minoritaire linguistique via une campagne. C’est une réalité que nous vivons tous les jours chez moi alors que nous sommes dans ce même type de milieu. On voulait créer une campagne qui permet aux jeunes de s’exprimer librement sur cette situation. Nous voulions ainsi leur donner une meilleure confiance, comme quoi que c’est un avantage plutôt qu’un défi de pouvoir continuer de s’exprimer en français malgré toutes les influences anglophones autour.

 

Pourquoi t’es-tu joint à cette campagne ?

En étant Acadien, c’est presque instinctif notre volonté de parler en français dans notre milieu. C’est même quelque chose qui fait parti de notre identité je dirais. Selon moi, ça serait naturel pour tout Acadien de travailler sur ce projet puisqu’on connait justement cette réalité quotidienne que vivent d’autres francophones hors du Québec. J’aime aussi transmettre plus de confiance et de mettre de l’avant la fierté d’être francophone pour ces jeunes. De leur dire qu’ils peuvent tout accomplir dans la vie et non à défaut de parler français, mais plutôt par leur chance d’être francophone !

 

En quoi ces rencontres ont changé ton regard par rapport à la francophonie ?

D’abord je crois que je ne m’attendais pas qu’il y ait autant de francophones partout dans chaque province et territoire. Oui il y a des bulles francophones comme à Saint-Boniface à Winnipeg, aussi du côté ontarien par exemple. Mais c’était beau à voir, ces endroits que je connaissais moins et qui avaient des francophones dont à Vancouver ou en Saskatchewan. Je crois que ces secteurs ont probablement encore plus de difficultés à pouvoir s’exprimer en français dans leur milieu. Dans certaines villes, la proportion francophone est minime et fragmentée dans une immense population versus chez moi au Nouveau-Brunswick.  J’ai ressenti que selon les endroits, certaines personnes pouvaient avoir plus de difficulté à retrouver une communauté francophone.

Selon toi, en quoi les vidéos de ce projet pourraient changer la vision du public sur les accents de la francophonie canadienne ?

Nous voulions jouer sur l’idée qu’il y a du français de classe, celui appris à l’école, mais évidemment il y a des dialectes propres à chaque communauté. La Francophonie canadienne a ses propres charmes dans sa diversité selon les régions. Ici au Nouveau-Brunswick, tu changes de village et tu as un nouvel accent après seulement 15 minutes de route !

Je crois que les gens vont trouver intéressant de voir ces différents dialectes à travers les régions du pays. Et que d’avoir une meilleure compréhension de ses voisins et voisines, permettra d’avoir une population plus forte dans une francophonie diversifiée.

 

Quels sont les constats que tu ressors de cette expérience ? Quelles sont les différences et les similitudes avec ta perspective en tant qu’Acadien ?

Je pense que la beauté dans tout ça est de voir que la francophonie canadienne est omniprésente partout au pays. Même si on parle de provinces ou de territoires anglophones, il y a des personnes qui parlent français qui chaque jour, pratiquent et valorisent leur langue. J’ai aimé voir des jeunes qui étaient fiers de s’exprimer dans leur langue et qui avaient une volonté de poursuivre dans cette voie.

Je crois que la francophonie occupe une riche histoire d’un point de vue national et international. La langue rejoint beaucoup de domaines, comme l’immigration, des Québécois déménagés dans une autre province ou encore des Acadiens rendus au Yukon. La francophonie comme telle est vraiment diversifiée, et c’est ce que j’ai ressenti.

Image: Alexis Brown on Unsplash