Raconte-moi une histoire

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Notre imaginaire déborde d’histoires de canots volants, de bêtes féroces cachées dans les forêts, de créatures mystérieuses, bref, de contes à dormir debout! Depuis la nuit des temps, familles et amis se racontent des légendes et, surtout, les laissent en héritage aux prochaines générations. Ces contes, souvent influencés par les Autochtones et enrichis par toutes les cultures établies au pays, se sont imprégnés dans les communautés et les familles.

Il fut un temps où la transmission orale des contes représentait le seul moyen de faire perdurer la culture francophone et de nourrir le sentiment d’appartenance des Canadiens et des Canadiennes. Aujourd’hui, grâce aux différents médias, aux spectacles et aux festivals, la vitalité des contes et légendes se fait sentir partout.

Les RVF vous plongent dans le folklore canadien le temps d’un conte intitulé Le chasseur et Makwa, offert par le Franco-Manitobain Rob Malo.

Le chasseur et Makwa

C’est un honneur pour moi de vous raconter une histoire que j’ai inventée en collaboration avec mon ami et collègue professionnel Desmond Mentuk.

Je viens d’une famille de chasse, mais moi je n’aime pas tirer le fusil. Comme guide-interprète, j’ai développé une curiosité de la nature et des cultures autres que la mienne. C’est dans cet esprit que cette histoire est née.

Desmond, qui travaillait comme guide-interprète pour le parc national Mont Riding, a mis sur Facebook des images d’un repaire d’ours noir découvert durant une randonnée dans le bois. En voyant ces images, j’ai eu l’idée de créer une histoire de chasse d’ours. Dans la version originale, un chasseur perdu tue l’ours qui hiberne. Ensuite, il utilise la carcasse chaude de sa proie pour couvrir l’entrée du trou pour survivre une nuit de froid extrême. J’ai partagé mon idée avec Desmond pour connaître son opinion et savoir si c’était physiquement possible qu’un chasseur dorme dans un repaire d’ours noir. Sa réaction, et celle de son père, m’ont laissé mal l’aise.

ours

« Makwa ne doit pas mourir! » a répondu le père de Desmond quand il a pris connaissance de nos communications. Desmond est Anishinaabé du Clan des Ours sur la terre du Traité no 5. Il m’a vite expliqué que, chez eux, ils ne chassent jamais les ours. En conversation, Desmond a partagé des histoires orales connues de longue date par sa famille. Ces histoires et leurs leçons m’ont bouleversé. Je ne peux pas les répéter, ce ne sont pas mes histoires ni ma responsabilité de les partager. Mais, après avoir pris connaissance de ces nouvelles informations, j’étais prêt à oublier mon histoire de chasse pour ne jamais la partager.

Quand il a entendu mon choix d’oublier mon histoire, Desmond a fait la remarque que j’ai toujours le choix de changer ma façon de penser pour ensuite enrichir mes créations. C’est ce que j’ai fait. Desmond et son père approuvent la nouvelle version de mon conte Le chasseur et Makwa. Desmond et moi continuons de collaborer sur plusieurs projets. De cette amitié, une nouvelle histoire orale, basée sur les idées des anciennes, est née et prête à partager.